Bruxelles- Les avancées du Maroc pour la promotion de la situation des femmes et le chemin qui reste à parcourir pour atteindre la parité ont été au centre d’une conférence-débat tenue, mercredi soir à l’Hôtel de ville de Bruxelles, sous le thème “la femme dans le Maroc d’aujourd’hui”.

Organisée par l’ambassade du Maroc en Belgique et au Luxembourg, en partenariat avec l’association ‘’Les Amis du Maroc’’, cette rencontre a connu la participation de femmes à succès de différents horizons, qui ont partagé leurs expériences et leurs points de vue sur les moyens de consolider les acquis, parer aux insuffisances et renforcer le rôle de la femme marocaine.

L’événement, qui s’est déroulé en présence d’élus et de personnalités marocaines et belges, a mis la lumière sur les progrès réalisés sur le plan de la situation des femmes marocaines, notamment depuis l’adoption du Code de la famille en 2004, tout en soulignant la nécessité de réviser ce texte, afin d’accompagner l’évolution de la société marocaine et soutenir la marche vers la parité.

Les intervenants ont aussi fait remarquer que si les femmes marocaines ont investi aujourd’hui presque tous les secteurs, occupé des postes de décision et se sont illustrées dans divers domaines, il n’en demeure pas moins que le taux d’activité des femmes au Maroc reste très bas, en raison de plusieurs facteurs économiques et sociétaux.

S’exprimant à cette occasion, l’ambassadeur du Maroc en Belgique et au Grand-Duché de Luxembourg, Mohamed Ameur, a mis l’accent sur l’appel lancé par SM le Roi Mohammed VI pour la réforme du Code de la famille, afin de dépasser les défaillances et les aspects négatifs révélés par l’expérience du terrain et, par-là, consacrer les acquis en matière de promotion des femmes et relever les défis à venir.

Le président de l’association ‘’Les Amis du Maroc’’, Francis Delpérée, a quant à lui relevé l’importance de ce débat, qui intervient dans le cadre de la célébration de la Journée internationale des droits des femmes, afin de faire le point sur les acquis des femmes, à la lumière de la Constitution de 2011 et du Code de la famille, ainsi que sur le chemin qui reste à parcourir.

“Le chemin à parcourir est encore long, mais le mouvement des femmes au Maroc peut se réjouir d’avancées irréversibles, qui les encouragent à poursuivre leur combat avec l’adhésion grandissante de la société civile”, a affirmé, dans le même sens, Ahmed El Ktibi, échevin à la ville de Bruxelles et député honoraire du parlement bruxellois.

La militante des droits des femmes, Amina Lemrini, a relevé, elle, que le Maroc connaît des avancées dans plusieurs domaines, une évolution qui doit concerner aussi la situation des femmes, que ce soit au niveau des textes législatifs ou sur le plan de la société et des mentalités.

Réformer le Code de la famille est une nécessité à l’heure actuelle mais le travail doit aussi porter sur l’éducation et les médias, afin de consacrer les principes d’égalité des genres et de parité et en finir avec toutes formes de discrimination et de violence à l’égard des femmes, a-t-elle souligné.

De son côté, Naila Tazi, parlementaire et actrice culturelle et de communication, a noté que derrière la dénomination “femme marocaine” se cachent des réalités multiples et des profils divers, mais qui sont tous animés par la volonté de faire avancer leur pays et améliorer l’avenir de leurs enfants, des objectifs qui ne peuvent être atteints que par une égalité réelle et une émancipation des femmes, qui commence d’abord par l’éducation.

Amal Fellah Seghrouchni, experte internationale en intelligence artificielle, a mis, de son côté, l’accent sur la contribution des femmes marocaines du monde, qui sont elles aussi étroitement concernées par l’évolution de la situation des femmes au Maroc.

Elle a, dans ce sens, annoncé le projet de création d’un réseau de femmes marocaines du monde, qui se veut une plateforme de solidarité et d’échange d’expérience entre les compétences marocaines féminines installées à l’étranger, souhaitant contribuer au développement du Maroc et à la promotion de ses femmes.

Pour sa part, Driss El Yazami, président du Conseil de la communauté marocaine à l’étranger (CCME), a estimé que le processus d’instauration de l’égalité des genres et de la parité au Maroc est certes lent, mais inexorable, ajoutant que l’éducation est au centre de ce processus, qui bénéficie en outre d’un climat de débat sociétal pacifique, favorable à l’échange des points de vue et au rapprochement des positions des uns et des autres.